Musiques et publics jeunes à l’ère de la musimorphose

Musimorphoses 2

Analysant les liens entre innovation, numérique et musique, le réseau Musimorphoses (dir. Le Guern) consacre son second colloque international à l’étude des publics jeunes.

Ce colloque est organisé en partenariat avec l’OICRM (faculté de musique de Montréal) et fait suite à une manifestation inaugurale qui s’était tenue à Paris en novembre 2015 

Apparue au début des années 2000, la notion de « digital natives » (Prensky,2001, 2009, 2011) mettait l’accent sur la rupture générationnelle induite, dès les années80, par la généralisation des technologies numériques. Ces dernières auraient contribuéà socialiser les publics les plus jeunes et à orienter leurs pratiques culturelles selon desmodalités tout à fait spécifiques, marquées à la fois par la dématérialisation descontenus et par leur mise en réseau sur l’internet. Popularisée, cette notion a pourtantfait l’objet de nombreuses critiques : désignant un segment de la jeunesse – les étudiants– plutôt que la jeunesse en son ensemble, peu ou mal périodisée, ne prenant pas encompte les effets de genre ou de position sociale, unifiant les « jeunes » dans unensemble où la compétence relative de chacun à s’approprier les technologiesnumériques restait indiscutée, la catégorie de « digital natives » apparaissait tropélastique pour avoir la moindre valeur opératoire et heuristique sur le terrain del’analyse sociologique.Limitée par son indiscutable portée métaphorique, la notion a pourtant le mérited’attirer notre attention sur un certain nombre d’enjeux au point d’articulation entrepublics jeunes et numérique : amendant le cadre théorique proposé notamment dans La Distinction, la valeur prédictive des effets d’âge et de génération en matière de goûtss’impose aujourd’hui dans de nombreux travaux (Octobre et Mercklé), tout particulièrement à propos de la musique où, comme le montre Olivier Donnat (2016),c’est moins l’opposition « populaire vs savant » que « musiques jeunes vs musiquesanciennes » qui semble structurer l’espace des préférences. Sur un autre plan, on peut sedemander si l’expérience de la musique _qu’il s’agisse du concert ou de l’écoutedomestique _ est semblable ou différente de celle que connaissaient les générationsavant le virage numérique, à la fois du point de vue des usages mais aussi des manièresde se représenter la musique. En salle comme chez-soi, éprouve-t-on l’expérience de lamusique de la même manière que ses aînés, lorsque les genres se sont hyper-segmentés,que le régime de la gratuité est le mode dominant d’accès aux contenus, que le supportphysique – celui du vinyl, de la cassette ou du Cd – est en passe de céder la place austreaming, que les algorithmes deviennent l’un des principaux vecteurs de larecommandation et que les pratiques culturelles sont principalement médiées par les écrans ?

Comité d’organisation :

  • Michel Duchesneau (Université de Montréal)
  • Irina Kirchberg (Université de Montréal)
  • Philippe Le Guern (Université de Nantes, EHESS)
  • Caroline Traube (Université de Montréal)

Coordination :

  • Alexis Langevin-Tétrault (Université de Montréal)

Comité scientifique :

  • Guy Bellavance (INRS)
  • Guillaume Boutard (Université de Buffalo)
  • Robert Davies (Université de Leeds)
  • Kyle Devine (Université d’Oslo)
  • Nicolas Donin (IRCAM)
  • Olivier Donnat (DEPS-Ministère de la Culture)
  • Flavia Gervasi (Université de Montréal)
  • Hervé Glevarec (CNRS)
  • Sylvie Octobre (DEPS-Ministère de la Culture)
  • Dominique Pasquier (CNRS)
  • Cecile Prévost-Thomas (Université Paris III Sorbonne Nouvelle)
  • Nick Prior (Université d’Edinburgh)
  • Jonathan Roberge (INRS)
  • Hyacinthe Ravet (Université Paris-Sorbonne)
  • Heloísa de Araújo Duarte Valente (Université de Sao Paulo)
  • Nancy Weiss Hanrahan (George Mason University)
  • Jean-Samuel Beuscart (Orange Lab)
  • Jean-Claude Yon (Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines)